NINE INCH NAILS - LEAVING HOPE
Le fait de tenir une communauté particulière pour la référence absolue de tout comportement individuel est de grande conséquence lorsque ce qui unit cette communauté est un facteur en lui-même exclusif. (…) Représentations collectives et pratiques communes sont alors habitées par une sorte…
“Le vieux fascisme si actuel et si puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une “paix” non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous des micro-fascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma.” (Deleuze, 1977).
Flash and the Pan - Waiting for a train (1989)
Croyance à l’inspiration.
Les artistes ont quelque intérêt à ce qu’on croie à leurs intuitions subites, à leurs prétendues inspirations ; comme si l’idée de l’oeuvre d’art, du poème, la pensée fondamentale d’une philosophie tombaient du ciel tel un rayon de la grâce. En vérité, l’imagination du bon artiste, ou penseur, ne cesse pas de produire, du bon, du médiocre et du mauvais, mais son jugement, extrêmement aiguisé et exercé, rejette, choisit, combine ; on voit ainsi aujourd’hui, par les Carnets de Beethoven, qu’il a composé ses plus magnifiques mélodies petit à petit, les tirant pour ainsi dire d’esquisses multiples. Quant à celui est moins sévère dans son choix et s’en remet volontiers à sa mémoire reproductrice, il pourra le cas échéant devenir un grand improvisateur ; mais c’est un bas niveau que celui de l’improvisation artistique au regard de l’idée choisie avec peine et sérieux pour une oeuvre. Tous les grands hommes étaient de grands travailleurs, infatigables quand il s’agissait d’inventer, mais aussi de rejeter, de trier, de remanier, d’arranger.
C’est l’histoire d’une vieille dame plongée dans la démence, qui n’oublie pas le pouvoir qu’elle a exercé dans son pays. C’est l’histoire d’une épouse qui refuse de perdre son mari, celui qui l’a soutenue le temps d’une vie. C’est l’histoire d’une mère qui se retrouve seule, et qui lutte contre les démons de l’abandon. C’est l’histoire d’une femme qui doucement se retire, mais garde la tête haute, sûre de ce qu’elle a accompli.
La Dame de Fer
Réalisateur : Phyllida Lloyd
Acteurs : Meryl Streep, Jim Broadbent, Susan Brown…
Année : 2011
Durée : 1h44
Pays : Grande-Bretagne, France
“Richard… Corpus Christi s’éloigne, emporte toute consolation - la preuve même de ton existence. Tu te dilues dans l’inconsistance d’un rêve. Tu souffres en silence et cette souffrance muette t’endurcit. Hollywood aime ces hommes silex, d’un seul bloc, impénétrables, endossant au fil des différentes productions, le costume de l’amant ou du mari, du gladiateur ou du boxeur, du cow-boy ou de l’Indien, du gangster ou du flic. Pour la première fois dans ta vie, Richard, quelque chose a coïncidé ; pour la première fois dans ta vie, ton caractère contemplatif, ta passivité, ton inanité même, t’ont rapporté une stature.
Pour la première fois, tu as fait corps.”
Christophe Pellet, Loin de Corpus Christi (2006)
La collection du Leopoldmuseum est largement consacrée à la peinture viennoise des années 1890 à 1920. Des noms reviennent : Koloman Moser, Josef Hoffman, Josef M. Olbrich mais surtout Gustav Klimt, qui avait mené le groupe Secession. L’exposition insiste sur la liberté revendiquée par Klimt dans le choix de ses sujets, et cela malgré les lourdes attaques à l’encontre de ses oeuvres, notamment les Facultés (Médecine, Philosophie, Jurisprudence).
Gustav Klimt écrivait, en vérité, très peu. Hormis quelques cartes postales qu’il adressait à Emilie Flöge, sa compagne, il commentait très peu sa vie ou son travail. Cependant, l’on retrouva une note de sa main, en réponse à des critiques qui lui avaient été adressées :
“Ce que je suis et ce que je veux.
Je sais peindre et dessiner. Je crois cela moi-même et quelques autres personnes disent qu’elles le croient aussi. Mais je ne suis pas sûr si cela est vrai. Seules deux choses sont certaines :
1. Il n’y a pas d’auto-portrait de moi. Ma propre personne comme “sujet pictural” ne m’intéresse pas - ce sont plutôt les autres personnes, notamment les femmes, mais bien plus encore en d’autres apparences. Je suis convaincu que je ne suis pas particulièrement intéressant comme personne. Il n’y a rien de spécial à voir en me regardant. Je suis un peintre qui peint jour après jour, du matin au soir - des représentations et des paysages, plus rarement des portraits.
2. Les mots parlés, aussi bien que les mots écrit, ne me viennent pas facilement, encore moins lorsque je suis censé dire quelque chose à propos de moi ou mon travail. Même lorsque je dois écrire une simple lettre, j’ai une telle peur bleue, comme si je devais affronter le mal de mer. Pour cette raison, on devra composer sans auto-portrait artistique ou littéraire de moi. Il ne faut pas vraiment le regretter. Celui qui veut savoir quelque chose à mon sujet - en tant qu’artiste, ce qui seul est significatif - devra regarder attentivement ma peinture et chercher à reconnaître ce que je suis et ce que je veux.”
Image : Gustav Klimt, Médecine (1900).